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J’ai eu l’immense plaisir d’animer une causerie sur le thème des ÉMOTIONS : SAVOIR LES ACCUEILLIR POUR MIEUX LES GERER, le vendredi 6 décembre, à l’Institut Martiniquais du Sport. L’intérêt manifesté par les participants ainsi que le contenu des échanges me laissent à penser bien modestement que cette rencontre était nécessaire.

Je ne suis pas une spécialiste ès émotions, mais le lien indéniable entre ces dernières et ma pratique professionnelle m’a poussée à me pencher plus particulièrement sur ce sujet et à initier ce moment de partage et d’échanges.

Tout coach se doit d’établir un diagnostic éclairant avant de commencer sa mission d’accompagnement et d’amener le coaché à clarifier son objectif. Pour ma part, j’estime que la première difficulté commence à cet instant. En effet, la non-verbalisation des émotions éprouvées lors d’une situation personnelle ou professionnelle est de nature à constituer un frein à l’énonciation du véritable objectif. Au-delà, c’est la prise même de la bonne décision par le coaché qui peut se trouver compromise et la dynamique de progression perturbée. Or, ce n’est évidemment pas le but recherché.

D’où l’importance pour le coach de faire verbaliser le ou les émotion(s) par son client, favorisant ainsi ses prises de conscience pour agir. Car, c’est de bien de cela dont il s’agit. « Sans émotions, il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l’apathie en mouvement » disait Carl Gustav Jung. Pour rappel, le mot émotion vient du latin « e(ex) movere » voulant dire mouvoir, mettre en mouvement, agiter… L’émotion est avant tout un mouvement.

La verbalisation est la première étape vers l’action. L’expression (ex-pression ==> sortir la pression) permet le raisonnement et donc une prise de décision claire et pertinente du coaché. Le neuropsychologue Antonio Damasio a soutenu dans son essai paru en 1994 intitulé L’Erreur de Descartes : la raison des émotions, la thèse suivante : les émotions guident le comportement et la prise de décision et cette rationalité requiert un apport émotionnel. Allant ainsi à l’encontre de celle de Descartes qui a prôné le dualisme entre l’esprit et le corps, entre la rationalité et l’émotion.

Pour tout dire, ce ne sont pas les émotions que l’on doit gérer. Bien au contraire, il faut les laisser vivre car elles sont les messagères de la vie, elles représentent notre humanité, elles sont nous et nous sommes elles. Ce qu’elles permettent, quand nous les acceptons, c’est une gestion optimale des situations. A condition toutefois d’identifier les vraies, l’émotion authentique, celle que nous enfouissons et que nous n’écoutons pas… Mais mon propos ici n’est pas de faire un exposé sur ce sujet.

Pour revenir à mon débat, la nature des questions posées et le contenu des commentaires m’ont confirmé (s’il en était besoin) que le chemin à parcourir reste encore long quant à l’acceptation des dites-émotions.

Nous avons tellement été éduqués à les refouler, à les nier, à les étouffer que nous laissons un boulevard aux croyances limitantes, alimentons également une pression interne et le travail du coach ne s’en trouve pas facilité. Or, mettre des mots sur ce que l’on éprouve, c’est mieux se connaître : pour arrêter de ruminer, pour avancer, pour se réaliser… Les émotions quelles qu’elles soient sont légitimes (colère, peur, tristesse…) et expriment un besoin insatisfait. On ne trouve pas de solutions pertinentes quand on est sous pression. Faire preuve d’Intelligence Emotionnelle, c’est « la capacité à percevoir l’émotion, à l’intégrer pour faciliter la pensée, à la comprendre et à la maîtriser afin de favoriser l’épanouissement personnel » – Mayer & Salovey

Le rôle des émotions dans le processus de transformation est fondamental et le rôle de votre coach est justement de vous guider vers cette transformation.

Vous avez envie d’échanger sur ce thème, d’apporter votre contribution ? N’hésitez surtout pas à le faire ! J’en serai ravie.